Mon Roman

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Re: Mon Roman

Messagepar Osarah » Ven 04 Novembre 2011, 21:40

Chapitre XIV : En proie à la Malédiction

Assise, adossée à un pommier du grand jardin du Palais d'Athènes, Anju regardait les nuages noirs prendre peu à peu la place du soleil dans le ciel Grec.
Ses yeux redescendaient quelques fois pour détailler le jardin et le palais, qu'elle regardait rapidement, d'un oeil dédaigneux. La température était rapidement descendue, et un vent froid soufflait à présent. Toutefois, cela n'avait pas l'air d'avoir d'effet sur la petite fille, qui n'avait pas bougé depuis plus d'une heure.

Elle respirait rapidement, fortement et ses traits étaient tendus. Elle arborait un air fatigué, et parfois, son visage était déformé par la douleur intense.
Elle se prenait souvent la tête entre ses deux mains, comme pour tenter d'éradiquer le mal qui s'était invité dans son crâne. Des crises qui surgissaient maintenant plusieurs fois par jour, et qui étaient de plus en plus douloureuses.

Hécate l'aidait souvent dans ces moments-là, à l'aide de sa magie, pour atténuer cette douleur. Mais à présent, Anju la soupçonnait d'être à l'origine de ce mal. Aussi, aujourd'hui, elle avait pris la décision de la fuir, de ne pas se laisser faire.
Des flashs, des souvenirs, remontaient parfois en elle, des moments du passé dont elle n'avait jamais eu connaissance, ou qu'elle ne se remémorait pas. C'est à ces moments-là que les crises se déclenchaient.

Selon Hécate, ses pouvoirs de fondateurs étaient la cause de ce mal. Mais Anju en doutait de plus en plus. Ces souvenirs venaient d'elle. Elle était présente dans ces flashs. En aucun cas, ceux-ci ne pouvaient provenir du pouvoir des fondateurs. Enfin, c'est ce qu'elle pensait à présent.

Elle respira un grand coup, comme pour tenter de reprendre du terrain à la douleur qui avait envahit sa tête.
Elle sentit une goutte d'eau tomber sur son nez fin. Elle réalisa que le ciel était désormais obscur, que l'averse n'allait pas tarder à venir lui rendre visite.
Elle allait rester ici, comme si elle attendait que la mort vienne à elle. Mais elle le savait, ce jour n'était pas encore arrivé.
Que devait-elle faire ? Elle ne savait plus où elle en était. Et parfois, elle se demandait qui elle était vraiment. Ses souvenirs étaient altérés. Et elle n'aimait pas Hécate, qui s'occupait d'elle.
Elle préférait Hadès et Perséphone, qu'elle considérait parfois comme son père et sa mère. Après tout, elle n'avait plus vraiment de repère dans son esprit. Seul comptait l'annihilation des élémentaires et la protection des Grecs.
Pourquoi détruire les élémentaires ? Elle ne se souvenait même plus qui ils étaient. En dehors des informations qu'elle avait pu obtenir des Grecs et de leurs ouvrages.

Elle essaya de se détendre un peu, de respirer calmement. Elle ferma les yeux, comme pour s'évader de ce cauchemar.

"_ Anju ?" fit une voix douce et féminine.
La petite fille ouvrit les yeux et aperçut Perséphone devant elle.
Elle prit un air calme comme pour montrer qu'elle allait parfaitement bien.
"_ Hécate te cherche, fit la Déesse.
_ Je n'ai pas envie de la voir.
_ Elle ne veut que ton bien. Tu ne devrais pas être ainsi avec elle.
_ J'avais envie d'être seule."
Perséphone jeta un oeil au ciel noir et fit :
"_ Tu devrais rentrer au Palais. Il va pleuvoir.
_ Je viens de dire que je voulais être seule. La pluie ne me dérange guère.
_ Tu pourrais prendre froid.
_ Laisse-moi, s'il te plait."
La déesse soupira et fit :
"_ Tu crois pouvoir me tromper ? Tu crois que je ne vois pas à quel point tu souffres ? Tu crois que je peux rester là sans rien faire ?"
Anju baissa les yeux.
Difficilement, s'accrochant à l'arbre pour ne pas tomber, la petite fille se leva, les jambes tremblantes.
"_ Il y a des jours où je veux mourir, vraiment, rapidement. fit-elle faiblement. La douleur est... atroce. Je ne peux plus supporter ça."
D'un pas lent et non assuré, elle s'éloigna de Perséphone, traversant le jardin pour aller au Palais.
D'un regard triste, et les larmes aux yeux, Perséphone songea :
"_ Et moi, je ne supporte plus de te voir ainsi Anju. C'est trop difficile pour... une mère qui aurait voulu l'être. Cette malédiction est de jour de plus en plus terrible car tu luttes contre. Car tu es Anju, une fille avec une volonté extraordinaire et des pouvoirs défiant l'imagination. Combien de temps pourrais-je encore supporter de te voir ainsi... ? A cause... de ces guerre, à cause du Projet... à cause de mon rang de Déesse... cela doit continuer ainsi."
Elle baissa la tête, et ses larmes se mêlèrent à la pluie qui avait commencé à tomber.
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Messagepar Osarah » Ven 04 Novembre 2011, 21:44

Chapitre XV : Un homme amoureux

Falt et son armée étaient partis d'Hysir depuis deux jours. Le beau temps était toujours au rendez-vous, accompagné d'une douce brise. La forêt avait laissé place aux fermes et aux champs de tournesols.
L'armée était joyeuse, empressée d'en découdre avec l'actuel Seigneur des Esprits et son armée.
Falt menait la sienne avec classe et dignité, comme à son habitude. Comme un chef apprécié par tous ses hommes.
Le chemin de terre et de pierres était large. Ils passaient de temps en temps à coté de quelques petites cités, et s'arrêtaient de temps à autres dans une auberge, pour remplir leurs estomacs.

Shakelneal et Ilusandë avaient très vite été adoptés dans le groupe, et aimaient beaucoup converser avec Irya et Jawn, rendant les débats, animés.
Lady Tälsträ était toujours aussi silencieuse et Osarah se posait beaucoup de questions sur elle. Il avait entendu des histoires à son sujet, la qualifiant de monstre. Il semblait également que beaucoup la redoutaient, et que sa réputation avait déjà parcouru le pays entier.

Pour le moment, Osarah marchait en tête avec Falt. Celui-ci était toujours aussi élégant dans sa tunique bleue et noire, qui allait parfaitement bien avec sa longue chevelure de même couleur qui flottait au vent. Il avait un visage fin, et ses yeux étaient confiants, déterminés.
"_ Ainsi, tu aimerais savoir qui est vraiment Arize, hmm ? fit-il à Osarah.
_ J'ai entendu beaucoup de choses à son sujet, qui parfois se contrarient. Aussi, j'aimerais avoir ton avis, toi, qui semble si bien la connaître."
Le chef de l'armée rit alors et regarda le ciel.
"_ Ah... Arize." fit-il simplement.
Il revint à l'élémentaire et lui fit :
"_ J'ai entendu parlé d'elle pour la première fois lorsque les Muses officialisèrent leur ambassade à Hurong, la Capitale, il y a cinq ans. Vois-tu, depuis quinze ans, Jew à la mainmise sur Hurong et ses alentours. Personne n'ose désormais le défier, car non seulement il a toujours vaincu tous ses adversaires, mais en plus il a rallié à lui les plus formidables guerriers de la capitale et de la moitié des régions du pays.
_ Autant dire que l'entrée des Muses à été fracassante."
Falt hocha la tête et répondit :
"_ Arize est née à Hurong, il y a vingt-cinq ans. Quand son père adoptif, le Roi des Muses, décéda, il y a cinq ans, elle choisit de retourner dans son monde natal, car elle étouffait dans un monde qui n'était pas le sien, dans un monde où elle était unique en son genre."
Il fit un courte pause et reprit :
"_ Sa venue à Hurong encouragea les esprits ennemis à Jew à se battre à nouveau contre lui. Mais lorsque Jew et son armée arriva contre Arize, les Muses, et les esprits qui s'étaient ralliés à elle...
_ Arize tua tout le monde ?
_ Oui. Autant les esprits des deux camps, que les Muses qui l'accompagnaient. Elle s'enferma alors dans sa nouvelle demeure là-bas. Et depuis, Elle et Jew s'évitent."
Osarah réfléchit un petit moment et fit :
"_ Ce qui signifie que Jew est bien plus faible qu'avant, non ?
_ Depuis cinq ans, il reconstruit son armée, parcourant le pays. Seule la région du sud a été épargnée depuis lors. Sûrement que Jew n'a pas envie de croiser Tälsträ."
L'élémentaire fronça les yeux.

L'armée continuait sa marche, et de gros nuages blancs vinrent peu à peu prendre la place du soleil dans le ciel.
Falt soupira en voyant le spectacle puis reprit :
"_ C'est donc il y a cinq ans que nous découvrîmes Arize. La sorcière. Tenant tête à Jew et son armée, et tuant sous ses alliés...
_ Cela attisa ta curiosité et tu t'invitas à Hurong ?
_ Pas seulement à Hurong. Dans son manoir. Je m'incrusta là-bas, et l'attendis dans sa chambre.
_ Et elle arriva ? Comment a-t-elle réagit ?
_ Elle arriva. Somptueuse dans une grande robe noire. Avec ce ruban obscur noué dans sa longue chevelure d'or. Ses yeux jaunes, brillants, me captivèrent dès que je les vis."
Osarah fronça les yeux puis sourit :
"_ Je vois, fit-il. Je comprends maintenant."
Falt le regarda d'un air interrogateur puis reprit :
"_ Quand je la vis, elle était loin de ressembler à la terrifiante sorcière que tout le monde décrivait. Elle ressemblait à une jeune femme, forte mais fragile à la fois. Elle me regarda, surprise, avec un soupçon de peur dans ses yeux. Je lui ai alors dit que je ne lui ferais pas de mal. Elle était toutefois méfiante. Nous avons un peu discuté, tentant de la mettre en confiance, et de la comprendre. Je suis ainsi revenu plusieurs fois, sans que personne ne me remarque. J'ai l'ai également une fois emmenée dans mon armée, où nous avons passé une soirée arrosée, amusante, qu'elle apprécia, au final, beaucoup. C'est là que j'ai réalisé que je parlais avec un oiseau en cage. Enchaînée par ses pouvoirs, par ses responsabilités.
_ Trop de choses qu'une simple humaine pouvait supporter, fit faiblement Osarah.
_ Oui. Nous avons beaucoup discuté ensemble de tout cela, ensemble. A vrai dire, sans je ne m'en rende compte, je me suis beaucoup attachée à elle, qui me faisait confiance, pour qui j'étais le seul avec qui elle pouvait discuter en toute liberté de tout cela. J'en suis tombé amoureux. Malheureusement je ne pouvais rien faire pour elle.
_ Rien à part devenir le Seigneur des Esprits ?
_ Oui. Une nuit, nous nous le sommes promis. De nous marier si j'arrivai à devenir le Seigneur des Esprits. Et ainsi pouvoir partager son fardeau."
L'élémentaire baissa les yeux.
"_ Une promesse de mariage, hmm ?" murmura-t-il.
Il tourna les yeux vers les nuages noirs qui arrivaient maintenant, s'annonçant à l'horizon. un temps qui s'harmonisait bien avec son humeur.
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Messagepar Osarah » Ven 04 Novembre 2011, 21:48

Chapitre XVI : Le Bastion du Néant

L'Oracle et Magan étaient enfin arrivés à Mégare. Le voyage, en chariot, avait duré près de trois jours. Trois jours pendant lesquels ils avaient traversé le royaume principal Grec. Le chemin était, la plupart du temps, un grand sentier de terre, parfois rocailleux. Le paysage était de type méditerranéen : Le ciel était bleu, la température chaude, le paysage garni de buissons, d'oliviers et de terre rouge. Non loin, tout au long du trajet, ils pouvaient apercevoir de grandes montagnes, de hauts sommets enneigés, même en cette période de l'année.

Mégare était une grande cité grecque. Les rues étaient pavées, et toutes les bâtisses étaient blanches. Autant dire que cela éblouissait quiconque n'était pas Grec.
Ils se rendirent au coeur de la ville, à la caserne principale.
Toutefois, ce n'était pas des soldats ordinaires qui étaient là, qui s'entraînaient. Même avec ce climat chaud, tout le monde portait une robe de bure noire, même les instructeurs ou directeurs.

Marchant ainsi au coeur de la caserne, dans la vaste cour d'entraînement, faisant l'inspection, détaillant ce qu'ils avaient là, L'Oracle et Magan discutaient.
"_ Est-ce là l'armée que tu as bâtie durant ces dix-sept ans, Magan ? fit l'homme à l'armure d'or d'un ton suspicieux.
_ Tu n'as donc pas confiance en moi ? fit-il d'un ton ironique.
_ Ce n'est pas ça, répondit l'Oracle. Nous devons tout faire pour contrer les élémentaires et cette peste de Dia.
_ Tu voulais une armée humaine protégée un maximum contre les attaques de type élémentaire, et disposant du Néant, n'est-ce pas ? Cela a-t-il changé ?
_ Non. Pas le moins du monde. Mais je ne vois là que des Marche-Néant qui semblent sans valeur.
_ Voudrais-tu les tester ?"
L'homme à l'armure d'or hocha la tête, acquiesçant. Dans ses mains, il matérialisa deux grandes épées. L'une ayant une aura blanche, l'autre verte.
"_ Oh ? fit son contractant d'un ton amusé. Tu n'y vas pas de main morte. Utiliser les épées élémentaires des Kalland. Celles que tu as volé à Elizabeth...
_ Je n'ai que celles de l'Air et de la Terre. Après tout, ces épées disposent du pouvoir presque maximal des élémentaires. Un parfait test pour tes recrues qui risquent de devoir se battre contre les Dieux élémentaires."
Magan éclata alors de rire et appela quelques soldats en robe de bure qui s'entraînaient devant eux.
Trois d'entre eux vinrent alors et se placèrent à une dizaine de mètres devant l'Oracle, armes à la main.

Ils chargèrent alors l'homme à l'armure d'Or qui attaqua rapidement, d'une puissante vague de vent. Les soldats reçurent l'attaque de plein fouet. Ils reculèrent de quelques pas sous le choc. Une fois celui-ci passé, ils revinrent à la charge.
L'Oracle essaya de vague verte, avec l'autre épée. Et cela eut le même effet.
Il grommela quand il vit ces marche-néant arriver devant lui en courant. Il les bombarda alors littéralement de vagues d'air et de terre, ne laissant aucun répit, prenant rapidement peur pour sa vie.
Au bout d'un moment, les soldats tombèrent à terre et L'Oracle soupira de soulagement.

Mais le répit fut de courte durée, lorsqu'il les vit se relever peu de temps après.

Magan intervint alors, pour stopper le combat, annonçant que celui-ci était fini. Les robes de bure des trois soldats étaient totalement déchiquetés. Au bout de quelques minutes, celles-ci se rematérialisèrent, devenant comme neuves.
"_ Alors, qu'en penses-tu ? fit Magan d'un ton enthousiaste.
_ Pas mal... grommela son contractant. Ont-ils des pouvoirs supplémentaires ?
_ Bien sûr ! répondit son interlocuteur d'un ton triomphant. Leurs lames sont trempées dans le néant. Elles détruisent tout ce qu'elles touchent. Sauf leurs congénères, bien sûr.
_ Voilà qui est intéressant... j'ai bien fait de te laisser Mégare pendant toutes ces années.
_ Et comme tu le vois, ces Marche-Néants ne sont plus très humains.
_ Que veux-tu dire par là ?
_ Ces trois-là... tu as quand même fini par les tuer, tu sais.
_ Des zombies ?"
Magan éclata alors de rire et fit :
"_ Tu n'aimes pas ?
_ Je vois que tu t'es vraiment investi dans cette armée. Combien as-tu de soldats ?
_ Tout Mégare est à mes pieds.
_ Tu as...? fit l'Oracle surpris. Tu as carrément pris une des cités principales des Grecs ? Des milliers et des milliers de vies ?
_ Seule la victoire m'intéresse. Et même si tous les Dieux élémentaires, voir Dia, se dressaient devant nous... ils ne pourront rien."
L'Oracle fit alors quelques pas pour observer ses nouveaux soldats. Il les regarda rapidement, comme pour confirmer les dires de son contractant, puis réfléchit.
"_ Il est vrai, se dit-il, que Mégare était déserte quand nous sommes arrivés. Nous avons donc ces dizaines de milliers de Marche-Néant comme armée ? Et chacun, presque invincible pour des élémentaires ?"

Ne pouvant contenir sa joie, L'Oracle se dandinait d'un pied sur l'autre et exulta :
"_ Magan ! fit-il d'un ton enjoué. Nous allons nous poser ici jusqu'à notre offensive, dont le jour arrivera bientôt. D'ici-là... nous allons entraîner une quinzaine de ces soldats, qui deviendra notre garde personnelle. Chacun d'eux doit devenir encore bien plus fort et disposant d'une magie encore plus puissante !
_ Nous n'aurons que quelques semaines ? Bah, cela doit être faisable."
L'Oracle regarda alors le bâtiment principal de la caserne d'un oeil nouveau, comme si les portes de la victoires s'offraient à lui.
"_ Dépêchons-nous de nous mettre au travail !"
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Re: Mon Roman

Messagepar Akia-chan » Mer 09 Novembre 2011, 19:42

Merci pour ces nouveaux chapitres ^^ On sent une bataille approchée, c'est comme si les différents partis se préparaient ^^
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Re: Mon Roman

Messagepar Osarah » Ven 18 Novembre 2011, 0:02

Comme d'habitude, merci pour tes avis et commentaires ;)


Chapitre XVII : La Chasse à la Sorcière

Le château d'Hurong était entièrement construit en pierre noire. Ceci-le transformait en demeure obscure, mortelle , morbide pour quiconque arrivait dans la cité dévastée.
En effet, celui-ci abritait Jew et toute son armée. C'était la demeure du Seigneur des Esprits. Ce château était le seul bâtiment de la cité intact, si l'on exceptait le Manoir d'Arize.
Toutefois, les salles intérieures étaient lumineuses, soit grâce à la lumière du soleil, soit grâce aux nombreuses torches qui parcouraient tous les escaliers et couloirs.
La salle principale était décorée de somptueuses tapisseries rouges et blanches. De nombreux esprits servants travaillaient là afin de laisser le château et ses salles dans le meilleur état possible. Au fond de la salle se trouvait Jew, confortablement assis sur son trône d'argent. Devant lui, un grand tapis rouge qui s'étendait jusqu'à l'entrée de la salle, une vingtaine de mètres plus loin.

Un homme arriva rapidement dans cette salle. Il semblait avoir une cinquantaine d'années, portant une cotte de maille d'argent. Il avait les cheveux courts, grisonnants. Il portait une grande épée dans un fourreau à sa taille.
"_ Seigneur, fit-il en posant le genou à terre. J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer."
L'homme sur son trône ouvrit ses grands yeux noirs. Il avait l'apparence d'un homme d'une soixantaine d'années. Il avait de longs cheveux, et une grande barbe blanche, comme un patriarche. Il portait également une grande armure d'argent. Il fit, d'un ton ténébreux :
"_ Ainsi, tu as une mauvaise nouvelle à m'annoncer, à moi, Jew, le Seigneur des Esprits ?"
Son interlocuteur trembla, mais se reprit rapidement. Il répondit, d'une voix posée.
"_ Effectivement.
_ Bien ! fit Jew d'une voix forte. Commence par celle-ci, je te prie. Cela fait longtemps que je n'avais eu de mauvaise nouvelle.
_ Une armée se dirige vers ici, vers Hurong. Dans quatre jours, elle seront là.
_ Du menu fretin ?
_ Nos subordonnés à Hysir ont tous étés tués. D'après nos rapports, Tälsträ est parmi eux.
_ Tälsträ, fit Jew d'un ton pensif. J'espérais ne plus jamais entendre ce nom. Bien. Quatre jours, dis-tu ?
_ Oui.
_ Ce sera amplement suffisant. Les préparatifs sont prêts, n'est-ce pas ?
_ C'est la bonne nouvelle."
Jew éclata de rire et se leva. Il fit quelques pas vers sa droite, dépassant l'homme, et regarda un tableau accroché à une tapisserie.
"_ Ce tableau, fit-il, représente l'apocalypse, lorsque l'inconnu arrive et dévaste le monde. C'est précisément ce qu'Arize est. Elle est venue, à contredit toutes les règles d'ici, et s'est imposée.
_ Elle ne vous a toutefois pas vaincu, Seigneur.
_ Bien sûr !" rugit Jew.
Sa voix résonna dans toute la salle.

Jew continua de marcher, détaillant les quelques tableaux accrochés aux murs.
Il reprit :
"_ Depuis lors, cette sorcière s'est crue en sécurité, protégée par ses formidables pouvoirs. Nous allons l'annihiler. Et ensuite nous briserons cette armée et Tälsträ fera demi-tour, n'ayant plus personne à qui s'accrocher."
Il respira un grand coup et fit :
"_ Toutefois, nous ne pouvons ignorer cette menace. Sais-tu qui la dirige, Surat ?
_ Un esprit du nom de Falt.
_ Falt ?
_ Oui.
_ Ce nom me dit quelque chose.
_ Il semblerait qu'il connaisse Arize."
Jew éclata alors de rire.

Quand il eut fini, quelques instant plus tard, il fit, d'un ton amusé :
"_ Et bien, s'ils sont amis et qu'il vient la voir ici, nous lui ferons le plus beau des spectacles. Nous l’anéantirons, elle, la sorcière, sous ses yeux, ici à Hurong, lorsqu'il viendra nous défier.
_ Ne craignez-vous pas de mettre le plan en péril ?"
D'un coup, le regard de Jew changea. Il regarda alors son subordonné d'un air noir et fit :
"_ Tu crois vraiment que moi, Jew, le Seigneur des Esprits, ferait une erreur pareille ?"
Surat trembla et recula de quelques pas. Il répondit, d'une voix mal assurée :
"_ Certes... non.
_ Nous tuerons Arize, sous ses yeux, oui... Fou de rage, il se jettera sur moi. Et il tombera lui aussi dans mon piège...
_ Vous avez aussi... un plan pour cette... bataille ?
_ Le problème est Tälsträ ! rugit Jew. Tandis que toute notre armée la contiendra, elle et l'armée de ce perdant... Nous les séparerons et attaquerons leurs têtes pensantes, leurs chefs. Une fois qu'ils seront vaincus, Tälsträ fera demi-tour. C'est toujours la même chose avec elle, après tout. Même après tous ces siècles.
_ Quel dommage qu'elle ne vous serve pas.
_ Je n'ai pas besoin de ce monstre pour reigner." conclut Jew sèchement.
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Re: Mon Roman

Messagepar Osarah » Ven 18 Novembre 2011, 0:03

Chapitre XVIII : La Décision des Elémentaires

Volcanica, Capitale du Royaume du Feu

La salle principale du Palais était très grande. Bien plus grande que celle de Jardin des Muses. C'est ce que se disait Elizabeth en contemplant la pièce. Il y avait là tous les Dieux élémentaires, attablés. Et la plupart des héritiers et des avatars étaient présents, débout, à côté de leur représentant.
Il y avait là Elizabeth et son avatar de la lumière, Lizzar, pour le royaume de la Vie.
Shan'Fury, la Déesse du Feu représentait son Royaume. C'était une femme agée de trente à trente-cinq ans. Un air sévère, avec sa chevelure rousse coiffé en chignon. Son héritière, Mia, était présente. C'était une ancienne directrice de l'Académie des Anges de Kerdénia. C'était une jeune femme assez petite, jolie, à la longue chevelure blonde, et aux grands yeux bleu clair.
Pour l'Air, Arika, la petite soeur d'Osarah, était là. Elle était devenue cette Déesse il y avait dix-sept ans, remplaçant son prédécesseur.
Pour l'Eau, Nedelbell.
Pour la Mort, Vladimir, l'ancien chancelier d'Osarah. C'était un grand homme d'une quarantaine d'années voir d'une cinquantaine. Les cheveux blancs, plaqués. Un air assez sinistre. Il était accompagné de Qora, l'Avatar des Abysses. Il avait l'apparence d'un jeune garçon à l'air moqueur.
Pour le Poison, Cyannah. C'était un homme d'une trentaine d'années, blond, toujours joyeux, souvent gaffeur.
Pour la Chance, on retrouvait là, Sezeleth. Un homme d'environ vingt-cinq ans, les cheveux châtains, frisés, toujours charmeur.
Quand aux autres éléments, la Nature, le Vent, la Foudre, la Glace et le Son, il y avait également leurs Dieux : Menea, Raws, Nufan, Kiall et Vyris.

Toutefois, c'était Sylvanna, la première fille d'Osarah, qui présidait l'assemblée en compagnie de son Avatar : Stellar Jiand.
Sylvanna avait environ vingt ans. Elle avait coupé ses cheveux noirs et ses yeux verts rayonnaient. Son regard malicieux et effronté avait fait place à la détermination et à la confiance. Elle arborait une tenue de combat légère noire et bleu nuit, avec un grand katana attaché à sa hanche.
Stellar, l'Avatar des Cauchemars, était l'un des anciens gardiens des jumelles d'Osarah : Anju et Dia. C'était un jeune homme de vingt-cinq ans, brun, les yeux noirs, et l'air ténébreux. Il était également toujours vêtu de noir.

Un dossier comptant vingt parchemins circulait entre les mains des Dieux.
Vladimir leva alors les yeux vers Sylvanna et fit, d'un ton froid :
"_ Est-ce que toutes ces inepties... sont une vaste blague ?"
Sèchement, elle répondit :
"_ Vous croyez que j'ai demandé une réunion d'urgence pour seulement vous distraire en vous racontant une histoire ?"
Souriant, ce fut Nedelbell qui se joignit à la conversation :
"_ Allons, allons, fit-il. Elle est allée dans un nouveau monde grâce à un artefact et accompagnée de deux Dieux, et c'est ainsi que vous lui souhaitez un bon retour ?
_ Tout ce qui est écrit là est vrai, fit alors Cyannah. Shani et moi-même étions avec elle. Ce monde... le Conseil des Mondes. Le Golden Millenium Project. Ces guerres. Les Grecs."
Qora éclata de rire et fit, de sa voix d'enfant :
"_ Pourquoi avez-vous tous cet air si sinistre ? Nous avons maintenant toutes les réponses à nos questions. Pourquoi les Grecs nous attaquaient-ils, pourquoi ils ont kidnappés Anju. Quelle était cette bataille avec les Egyptiens. Et vous êtes maintenant terrifiés ? Vous préféreriez vous cacher sous terre et ne plus rien entendre, ne plus rien voir ?"
Outré, Vladimir se retourna vers son Avatar :
"_ Ca suffit ! rugit-il. Il convient d'abord de s'assurer de la véracité... de tout ceci."
Il se tourna alors vers Sylvanna et fit :
"_ Si tu nous as convoqués maintenant, en urgence, c'est que tu dois avoir une idée en tête, n'est-ce pas ?"
Elle sourit alors et répondit :
"_ Vladimir, fit-elle malicieusement. Combien donnes-tu encore d'années aux élémentaires à ce rythme ?"
Il fronça les yeux et fit :
"_ Que veux-tu dire par là ?
_ Les élémentaires ne sont plus qu'une minorité dans le monde des humains. Nombre de cultes se développent là-bas, en parallèle. Et ici, nous subissons toujours plus d'attaques, toujours plus de pertes.
_ Tu veux dire, fit Mia surprise, que d'ici quelques temps, peut-être un an, nombre de Dieux nous disputeront le monde d'ici, comme avant ? Sans parler des Grecs. Après tout nous avons la Pierre des Dimensions maintenant. N'importe quelle civilisation peut nous attaquer pour la récupérer. Autrement dit, nous sommes dos au mur. Soit nous restons ainsi, et nous continuerons à subir, voir nous nous éteindrons, soit...
_ Soit nous avançons. intervint Stellar. Qu'en penses-tu, Vlad ? As-tu une meilleure analyse de la situation actuelle ?"
L'air contrarié, celui-ci ne répondit pas.

Amusé, Qora reprit :
"_ Que proposes-tu donc, Sylvanna ? De repartir en guerre ? D'affronter à nouveau les Grecs ?
_ Exactement."
La plupart des Dieux et Avatars firent les gros yeux, surpris.
"_ Je ne te demanderai pas cette fois si cela est une blague, Sylvanna... fit Vladimir. Mais est-ce... sensé ?
_ Ca l'est.
_ Je te prie de m'expliquer alors. fit-il d'un ton peu amical.
_ La victoire sur les Grecs est possible. Notre civilisation a l'avantage sur la leur, d'après les informations du Conseil des Mondes. Nous l'avons déjà prouvé. Même affaiblis, nous leur opposons une vraie résistance. De plus, nous avons la Pierre des Dimensions. En enfin, j'ai récupéré là-bas, des informations et des cartes sur leur monde.
_ Avons-nous encore de quoi nous battre contre eux ? demanda Mia. Après tout, c'est la quatrième civilisation du multi-vers...
_ Je ne peux dire que la victoire sera assurée, vous vous en doutez. Mais si vous faisons rien, nous courons à notre perte."
Nedelbell demanda alors :
"_ L'autre jour, tu nous as demandé un rapport de nos forces, Sylvanna. Je crois que tu l'as lue. Qu'en penses-tu ?
_ Dans le monde des humains, les élémentaires ont déjà commencé à bougé. Les Chercheurs d'Horizon se font attaquer et battre par leurs désormais nombreux voisins. Il faut dire qu'ils ont perdu la majorité de leur armée lors du combat précédent contre les Grecs il y a dix-sept ans. Il ne reste donc que la Kerdénie. June et Adaw sont passés à l'offensive il y a quelques jours. La Kerdénie est entrée en guerre contre le Nanizion.Les Anges déferlent sur leur puissant voisin. June veut absolument conquérir le Nanizion. Après tout c'est la terre des nouveaux humains élémentaires. Elle aimerait réunifier les élémentaires de tout bord afin de pouvoir dresser une grande puissance élémentaire contre ces nouveaux cultes qui se développent de l'autre côté de ce monde.
_ Y arrivera-t-elle ? demanda Mia.
_ Elle semble confiante."

Vladimir se leva d'un coup :
"_ Lancer ainsi ce qu'il reste des élémentaires sur le monde humain dans une guerre totale contre un des plus puissants pays... et elle ne nous en a pas informés ? fit-il indigné. Elle pourrait très bien nous mener tous à notre perte si elle échoue, vous le savez tous !"
Nedelbell soupira et fit :
"_ Tu as raison. C'est plutôt irréfléchi, mais c'est elle la directrice de l'Académie des Anges. Elle gère son propre terrain. N'oublions pas non plus qu'elle est la contractante du dernier de nos esprits originels, Adaw."
Vladimir se laissa échoir sur son siège et fit, faiblement :
"_ Vraiment, nous ne contrôlons plus notre destin."
Cyannah tapa alors du poing sur la table, faisant sursauter tout monde.
"_ C'est pourquoi nous devons agir ! fit-il avec férocité. D'après les rapports, nous possédons encore de quoi nous battre !"
Le représentant de la Mort soupira alors et se tourna vers Elizabeth. Il demanda :
"_ Elizabeth, notre Déesse de la Vie, celle qui devrait-être la plus sage de tous ici... Qu'en penses-tu ?"
Elle réfléchit alors quelques instants.
Voyant qu'elle hésitait, Nedelbell posa sa main sur la sienne.
La sentant, la Déesse de la Vie retira rapidement la sienne et se leva d'un coup :
"_ N'est-ce pas évident ? Les élémentaires ont lutté pendant des centaines d'années pour avoir le monopole de ce monde et ainsi le gérer. Allons-nous rester sans rien faire pendant qu'on nous l'enlève ? Bien sur que non ! fit-elle avec véhémence. Nous allons nous battre pour notre liberté, avec toutes nos forces, de chaque royaumes. Tous les soldats, les dieux, les héritiers et même les avatars combattront. Tous unis derrière la bannière élémentaire."
Elle tapa du poing sur la table.
"_ Est-ce que quelqu'un, fit-elle en reprenant sa voix douce, a quelque chose à redire ? Est-ce qu'il y en a qui préfèrent fuir ?"
Nedelbell, l'air sombre, reprit son entrain habituel et lança :
"_ Je pense que tout le monde est d'accord là-dessus. Nous devons continuer à avancer. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre nous ce que nous avons acquis pendant des siècles. Mais avez-vous déjà réfléchi à la tactique employée ? Je doute qu'une attaque de face, tous ensemble, puisse nous permettre de gagner.
_ Effectivement, fit Sylvanna. Nous allons diviser les élémentaires en treize divisions. Une de chaque élément. Avec des objectifs précis pour chaque. Afin de diviser les Grecs et semer la confusion dans leur armée. Cette fois c'est nous qui auront l'initiative. A nous d'en profiter."
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Messagepar Akia-chan » Ven 25 Novembre 2011, 23:08

Merci pour ces nouveaux chapitres ^^ Jew se prépare à la bataille avec Falt et son armée tandis que les Elémentaires réfléchissent à leurs propres actions à venir. Ca promet de belles batailles =) J'ai hâte à la suite^^
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Messagepar Osarah » Lun 28 Novembre 2011, 23:21

Chapitre XIX : Une Etoile Tourmentée

"_ J'ai un message en provenance de Mégare ! De tout premier ordre !"
Le messager grec avait fait irruption dans le hall du Palais d'Athènes. Cette pièce, aux murs de marbre blanc, était illuminée par la lumière extérieure de cette matinée, et était décorée de nombreux tableaux représentant les antiques batailles du peuple Grec.
Le soldat grec, essoufflé, était un jeune homme aux cheveux châtains frisés. Il était vêtu d'une tunique blanche, sous sa cuirasse de métal.

Hadès et Perséphone délaissèrent alors leur conversation avec les nombreux dieux qui étaient présents pour aller quérir le message. Anju, les suivit également, plutôt intriguée, mais avec un malin sourire sur son visage.
Le messager fit alors :
"_ Hadès, Perséphone, Anju, L'Oracle souhaite vous communiquer ceci : il vous annonce que les élémentaires attaqueront ce monde dans deux semaines. Qu'il n'y a crainte à avoir puisque nos forces sont largement supérieures. Toutefois, il profitera de cette attaque pour lancer la sienne dans le monde des humains élémentaires, comme prévu. Il vous demande toutefois d'être vigilants et de prendre cette bataille au sérieux, car il y a une petite marge d'imprévu qui pourrait se glisser dans ces prédictions."
Anju haussa alors les épaules et fit :
"_ Ainsi, il a vu que nous écraserons ces élémentaires facilement ? Je n'aurais même pas l'occasion de m'amuser. De toute manière, je ne souhaitais pas me battre aux côtés d'Hécate.
_ Ne la juge pas si froidement, fit Perséphone d'une voix douce. Comme nous, elle ne souhaite que ton bien.
_ Je préfère agir de mon côté et selon mes envies pour le moment, il y a trop... d'inconnues dans ma tête en ce moment.
_ Il n'y a pas de problèmes, Anju, fit Hadès en souriant, posant sa main sur son épaule. Tu es comme notre petite fille, ta santé est notre priorité."
La petite fille sourit, contente de se voir soutenue par ses parents adoptifs.

Le Dieu de la Mort reprit alors :
"_ Aucune des prédictions de l'Oracle ne s'est avérée fausse depuis qu'il est ici. Nous devons prendre cette menace au sérieux, même si à priori, nous ne rencontrerons pas vraiment de problèmes. Nous allons nous préparer à ce combat. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, je demanderai à Hécate de convaincre Poséidon de se joindre à nous.
_ Tu comptes demander de l'aide à Poséidon ? fit Perséphone étonnée.
_ L'avenir de notre civilisation est notre priorité. Nous devons mettre nos rancoeurs de côté face à une menace venant de l'extérieur."
Anju sourit. La victoire n'en serait que plus assurée. Les élémentaires devaient être détruit. C'est tout ce qu'elle souhaitait. Mais le voulait-elle vraiment au fond d'elle ? Elle se posait parfois cette question, surtout quand des souvenirs étranges remontaient à la surface. Lorsqu'elle sentait la joie d'être avec des personnes qui lui étaient inconnues, qui semblaient être des élémentaires.

D'un coup, elle s'écroula devant tout le monde, dans cette vaste salle bondée. Elle se tenait la tête, le mal était revenu, cette douleur fulgurante s'était emparée de son esprit. Elle ferma les yeux, tentant d'éradiquer vainement le malin qui s'était introduit dans son crâne.
Parmi les cris qu'elle entendit, elle reconnu celui de Perséphone, ordonnant qu'on amène Hécate d'urgence.
Entendant ce nom, se tenant toujours sa tête dans ses mains, tremblant de tout son corps, elle se leva d'un coup et se mit à courir frénétiquement, traversant la pièce, quittant le Palais, laissant les Dieux bouche bée.

Perséphone voulu alors partir à sa poursuite, mais son mari l'en empêcha, lui tenant le bras.
"_ Que comptes-tu faire, Persé ? lui fit-il d'une voix grave.
_ Mais... nous devons l'aider ! Nous ne pouvons la laisser ainsi ! répondit-elle désespérée.
_ Peux-tu vraiment l'aider ?"
Elle ne répondit pas de suite, se calmant peu à peu, prenant conscience de ce qu'insinuait son mari.
Hadès la lâcha alors et reprit :
"_ Tu le sais aussi bien que moi, Persé, nous ne pouvons rien faire. Elle fuit Hécate, elle sait consciemment ou non qu'elle est la source de cette malédiction.
_ Que pouvons-nous faire, alors ? demanda la Déesse les larmes aux yeux.
_ Si nous la laissons ainsi, elle mourra un jour, lors d'une de ces crises. Si Hécate retire la malédiction... et reprendra peu à peu ses esprit, et saura que nous la trompons, que nous l'avons kidnappé, ,qu'elle a tué sa mère sous les ordres d'Hécate. Nous serons ses ennemis.
_ Je sais... tout ça. fit Perséphone d'une voix faible, baissant les yeux.
_ Laisse-là ainsi pour le moment, reprit Hadès. Elle n'est pas notre petite fille et elle ne le sera jamais. Nous avons commis une erreur. Nous l'avons sous-estimé. Nous nous sommes trop attachés à elle. Nous allons la perdre un jour, d'une manière ou d'une autre."
Il soupira, conscient que ces mots affecteraient énormément sa femme.

Celle-ci, ne répondit pas, tremblant, et sortit du Palais.
Sur les marches, elle regarda alors le ciel, dans la nuit. Le vent frais lui faisait du bien, comme une douche froide nécessaire pour reprendre ses esprits.
Hadès vint alors à côté d'elle et fit, d'une voix faible :
"_ Dans deux semaines les élémentaires seront ici. Anju les combattra sans le moindre doute. La malédiction d'Hécate ne la lâchera jamais. Peut-être que la défaite des élémentaires et leur anéantissement lui fera du bien. Qu'elle arrêtera de penser à eux.
_ Peut-être, répondit la Déesse faiblement. Je sais que j'ai été idiote de m'attacher à elle, mais elle ressemble tellement à l'enfant que j'ai toujours voulu avoir..."
Hadès la prit alors dans ses bras, tentant de la consoler.
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Messagepar Akia-chan » Mer 30 Novembre 2011, 19:02

Merci pour ce nouveau chapitre. J'espère qu'Anju réussira à se libérer du maléfice qui la contrôle ><
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Messagepar Osarah » Jeu 01 Décembre 2011, 18:58

Chapitre XX : Devant le Gouffre

Le ciel était encore dégagé ce jour là. La troupe de Falt avançait toujours plus, marchant à vive allure sur la route de terre. De chaque côtés, des champs, de petites bourgades paisibles.
Un petit vent frais accompagnait le chant des oiseaux, rendant le voyage agréable.
Enfin, Falt ordonna l'arrêt de l'armée et fit signe de s'établir dans le coin.
"_ Demain nous arriverons à Hurong, souffla Emerald à Osarah. Nous allons installer un camp ici, et nous reposer pour être fin prêts pour le combat."

Rapidement, la troupe s'engagea dans un petit chemin à droite, suivant son chef. Les soldats et les monstres commencèrent alors à établir des tentes dans une petite prairie ombragée.
L'élémentaire examina rapidement l'attitude des soldats. Au fur et à mesure qu'ils approchaient d'Hurong, la plupart perdaient peu à peu leur enthousiasme.
Il demanda à Emerald, qui montait une grande tente avec lui :
"_ Le combat est-il perdu d'avance ?
_ Je ne pense pas, même si nous ne partons pas favoris. Nous avons de grands guerriers, capables de faire face à l'armée de Falt. De plus, en plus de la Lady, nous vous avons avec nous. Deux Dieux et un Esprit Originel. Je pense que nous avons maintenant nos chances. Même si je ne sais pas si nous pourrons vaincre Jew. Je ne connais pas ses pouvoirs, mais l'on raconte qu'il a toujours gagné ses combats facilement, même quand ses adversaires étaient redoutables.
_ C'est à Falt de le vaincre, n'est-ce pas ?"
Emerald hocha la tête et répondit :
"_ Oui, puisqu'il veut devenir le nouveau Seigneur des Esprits.
_ Nous devrons donc nous occuper de l'armée de Jew et couvrir ses arrières.
_ Mais ne crois pas que ce sera tâche facile. Jew a les meilleurs guerriers du pays.
_ Un combat facile n'aurait pas été intéressant."
Sur cette phrase, Osarah sourit. Toutefois, il se demandait s'il serait vraiment à la hauteur. Après tout, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas brillé au combat.

Il regarda le ciel, pensif, et se remit au travail.
Quelques instants plus tard, la tente était montée. Elle était blanche, haute de deux mètres de hauteur et large d'environ une dizaine de mètres. Il y en avait plusieurs de pareilles à celle-ci. C'était les plus grandes, et abritaient la majeure partie de l'armée.

Sentant deux présences étrangères, mais néanmoins connues, l'élémentaire se téléporta alors dans la forêt, assez loin.
Il tomba alors nez à nez avec Arize.
Celle-ci portait une grande robe noire, allant bien avec son style, et avec son ruban enlaçant sa mèche de cheveux dorés.
De ses yeux d'or, elle regarda l'élémentaire puis soupira :
"_ Tu accoures toujours ainsi lorsque tu sens une présence ?"
Osarah sourit et fit :
"_ Disons deux."
Arize fronça les yeux et fit :
"_ Vous êtes maintenant devant le gouffre. Demain vous affronterez Jew. Vous pensez réellement pouvoir gagner contre lui ? Vous pouvez encore faire demi-tour.
_ Ne souhaites-tu pas que Falt devienne le Seigneur des Esprits, Arize ?"
Méfiante, elle recula d'un pas et ne répondit pas.
Amusé, l'élémentaire poursuivit :
"_ J'ai fait quelques recherches. Ou plutôt j'ai obtenu d'intéressantes informations. Arize, la Reine des Muses. Qui est également une Elue. La Porte du Sanctuaire. Celle qui autorise le changement. La Maîtresse du Changement.
_ Tu es plutôt bien informé à ce que je vois.
_ Toutefois, si ton pouvoir est le Changement, tu ne peux pas être ici alors que tu habites à Hurong.
_ Et donc ? fit-elle amusée.
_ Et donc, j'ai une question."
D'un coup, il sortit la Lame de Pluton de son fourreau et pointa sa lame vers la jeune femme.
"_ Est-ce donc là ta façon de poser des questions ?" fit-elle sèchement.
Avec regard peu amical, l'élémentaire lança :
"_ Où est Dia ?"

Arize soupira alors, et fit un geste vers sa droite. Dia apparut alors, devenant visible.
"_ Ah, les histoires de famille..." fit simplement la Reine des Muses, reprenant un air amusé.
Dia était là, joyeuse, regardant son père.
Celui-ci sourit. Cependant, même s'il s'attendait à la revoir, il se jeta vers elle afin de la serrer dans ses bras, soulagé.

"_ Mais... pourquoi ? fit-il d'une voix faible.
_ Crois-tu que vous pouvez vaincre Jew, dans votre état actuel ? répondit sa fille.
_ Jew... est-il si fort que cela ?
_ Il n'y a pas que lui, fit Arize. Même ses lieutenants sont impressionnants.
_ Mais je ne comprends pas le rapport, fit-il. Qu'est-ce que cela a à voir avec moi ?
_ Il parait que tu fais des miracles, répondit Arize. Ou plutôt que tu en as fait."
Dia se dégagea se son étreinte et fit :
"_ N'as-tu pas battu un esprit originel alors que tu n'étais qu'un humain ? Ou bien ne faisais-tu pas jeu égal avec des Dieux quand tu n'étais encore qu'un humain ?"
Osarah se rappela alors de son combat contre Adaw et June ou encore des premières batailles contre les Grecs, quand Pluton était encore là.
"_ C'est vrai, admit-il. Pourtant maintenant... J'avais perdu de vue qui j'étais vraiment.
_ Mais t'es-tu vraiment retrouvé ? fit Dia sceptique.
_ Un peu, répondit-il. A l'époque, je n'avais pas peur, je n'avais personne à protéger non plus. Je me battais juste pour moi et ma Déesse. Elle était toujours avec moi et je ne devais pas la décevoir. Bien que parfois... ses actions... étaient... Elle me mettait parfois dans des situations difficiles voir suicidaires, mais je savais qu'elle avait confiance en moi. Aussi..."
Il soupira.

La petite fille reprit :
"_ Je vais être franche. En l'état actuel, vous n'avez aucune chance de gagner. J'ai vu votre défaite. La mort de tous."
Osarah ne répondit pas, surpris.
Arize fit alors :
"_ A moins d'un miracle, vous mourrez. Autant toi, que Falt et tous ses compagnons. Nous avons cherché des solutions, avec Dia, mais aucune n'est apparue. Aussi, ta fille compte sur toi. Retrouve ton esprit héroïque, arrêtes de compter uniquement sur tes pouvoirs de Dieu. Tu as perdu l'essentiel. Ton attitude imprévisible. C'est pourquoi Dia n'est pas venue vers toi. La stabilité, l'assurance d'être fort. Voilà ce qui te rend si faible."
L'élémentaire ne répondit pas et réfléchit. Il regarda alors la Reine des Muses d'un air perplexe.
"_ Qu'y-a-t-il ? demanda-t-elle.
_ Vous m'avez peut-être ouvert les yeux. Mais je suis encore trop limité. Arize. Souhaites-tu vraiment notre victoire, celle de Falt ?
_ Pourquoi cette question ? fit-elle troublée. Tu as l'air d'en douter.
_ J'en doute effectivement. Tu ne veux pas que Falt devienne le Seigneur des Esprits ?"
Elle ne répondit pas de suite, regardant Dia rapidement.
Elle fit alors :
"_ Bien sûr que je souhaite votre victoire ! fit-elle avec véhémence. Mais...
_ Mais tu ne veux pas être avec Falt ?
_ Il mourra s'il est trop proche de moi. Je ne contrôle pas totalement mon pouvoir. Il est trop puissant pour... une humaine comme moi."
Osarah baissa les yeux, comprenant la situation. Il jeta un regard furtif vers la jeune femme et se dit :
"_ La Maîtresse du Changement, hmm ? J'ai bien fait de me renseigner sur la nature de ce pouvoir..."
Il revint alors vers Dia et lui fit :
"_ Vous serez alors mes Jokers pour demain. Je n'ai pas l'intention de mourir à nouveau. Je suis sûr que nous gagnerons."
Il regarda à nouveau Arize, qui semblait perdue dans ses pensées et se dit alors :
"_ Ainsi, elle ne peut pas être avec Falt. Un trop plein d'énergie en elle provoque un changement de tous les êtres devant elle, les atomisant. Un pouvoir des fondateurs qui ne touche pas les autres élus. Les Dieux de la Mort, en général insensibles aux sorts de cet élément devraient également être immunisés. Cela veut dire, qu'au contraire de Falt, je ne suis pas en danger avec elle."
Il sourit alors et se dit :
"_ Demain sera un grand jour. Si Arize accepte de coopérer... Je compte sur toi, Dia."
Son regarda passa devant celui de sa fille, inquiète pour le lendemain.
"_ Je dis ça, songea-t-il. Mais même si cela se passe selon mes plans, nos chances de gagner sont plutôt faibles, voir nulles... Après tout, Dia a vu notre défaite."
Il soupira et se dit :
"_ J'ai encore une journée devant moi pour être prêt. En fait... je suis plutôt inquiet."
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